La Presse, Riviera-Chablais
Marché international des radios et télévisions indépendantes et locales
Au terme de quatre jours de conférences à Vevey, le MITIL s’est penché samedi sur la situation de la Suisse. Un pays que certains appellent « le dernier état soviétique des médias électroniques ».
Pas encore discuté au Parlement, mais toujours en phase de consultation, le projet de nouvelle loi pour la radio et la télévision en Suisse fait des vagues. Des vagues sur lesquelles représentants politiques et médiatiques ont surfé samedi matin à Vevey dans le cadre du MITIL. Au centre des divergences entre les auteurs de la loi et les futurs astreints : la redevance. A qui doit-elle profiter ?
Porte-parole de Télésuisse, Filippo Lombardi rappelle que le fruit de la redevance « n’est pas un abonnement à la SSR. Les téléspectateurs doivent s’acquitter de cette taxe même s’ils ne regardent pas la télévision publique suisse. Un système où seuls les médias publics touchent la redevance sans avoir accès au marché publicitaire dès lors réservé aux diffuseurs privés ? Comme directeur d’une télévision régionale, je signe tout de suite. Mais comme politicien (ndrl : conseiller aux Etats) je ne peux l’accepter. L’économie nationale a besoin d’un support national. »
L’AFFAIRE DE TOUS
La diversité médiatique ? Egalement un devoir politique pour le syndic de Vevey Yves Christen : « La diffusion du Conseil communal de Vevey sur ICI TV est extrêmement bénéfique. Elle permet de ramener le débat politique sur la place publique. En conséquence, les médias régionaux doivent être financés par la redevance nationale. Mais ils doivent également pouvoir bénéficier d’un apport des bourses publiques locales. Il en va de la démocratie locale. »
CONSERVER UNE LOGIQUE
Rédacteur du projet de loi avec le Conseil fédéral, l’OFCOM suit une autre logique. « Avec le service public et les diffuseurs privés, nous fonctionnons sur un système dualiste. C’est une logique que nous voulons conserver. La SSR bénéficie de l’ensemble du gâteau de la redevance contre un mandat clair et limité et les télévisions locales doivent apprendre à coopérer », explique son directeur Marc Furrer.
Faut-il vraiment une nouvelle loi ou suffit-il d’aménager celle qui existe déjà ? « Le financement mixte tel que pratiqué actuellement est peut-être la seule solution pour la Suisse », pour Biaise Rostand (SSR). Un raisonnement que soutiennent également les représentants des médias locaux.
F.M.
Le MITIL répond à la demande des télévisions régionales
Un réel besoin de rencontre
300 représentants de treize pays européens, 25 conférences : pour une première édition, Costa Haralambis, président-fondateur du Mitil se dit extrêmement satisfait à l’issue des quatre jours de rencontres : « Nous sommes finalement partis avec un budget inférieur à celui que nous avions initialement prévu. Nous allons quand même le boucler sur une légère perte, mais ce n’est pas une surprise. Nous n’avions pas fait de projection quant au nombre de participants et nous avions plutôt misé sur la qualité que sur la quantité. C’est donc un exercice réussi ! Pour les prochaines éditions, il y aura bien sûr des défauts de jeunesse à corriger, mais le principal est acquis : le MITIL a prouvé qu’il répondait à un réel besoin de rencontre entre les représentants des différentes télévisions régionales d’Europe. Pour les radios, c’est un peu plus difficile, dans le sens où il n’y a pas de programme à échanger. Nous allons donc nous recentrer sur l’image. Le vidéo-kiosque mis à disposition cette année a connu un fort succès avec la présentation de 150 programmes. Des liens se sont créés pour de futures co-productions ou collaborations. »
L’EUROPE DES TÉLÉS RÉGIONALES
L’Europe des télévisions et médias électroniques régionaux, tel est justement le prochain objectif du MITIL : « Sans être exclusifs, nous allons très certainement nous rencontrer autour du vieux continent où il y a environ 3000 télévisions régionales. Il y a d’ailleurs une Confédération européenne des radios et télévisions indépendantes et locales – le CERTIL – qui a été fondée à Vevey il y a un mois sous l’impulsion du MITIL mais son siège est à Bruxelles », note Costa Haralambis. Le MITIL 2002 est d’ores et déjà agendé entre le 12 et le 15 juin en même temps que le congrès mondial du multimédia qui se tiendra à Montreux. « Nous avons choisi les mêmes dates afin d’organiser, même si les thématiques sont un peu différentes, des ponts entre les conférences des deux manifestations », explique le président du MITIL.
F.M
