« Love power experience » de Costa Haralambis

L’Impartial, La Chaux-de-Fonds

Journal d’un film

Avant le tournage, les préparatifs

Ainsi, un réa­li­sa­teur et un pro­duc­teur se sont mis d’ac­cord sur un sujet (voir « L’Impartial » du same­di 6 mai), dix-huit mois ont été néces­saires pour assu­rer un modeste finan­ce­ment (voir « L’Impartial » du 13 mai). Début 78 on peut enfin vrai­ment com­men­cer à pen­ser au film comme à quelque chose qui va exister.

Le réa­li­sa­teur, avec son opé­ra­teur, va recon­naître les lieux qu’il sou­haite pou­voir uti­li­ser pour le film. Il faut dis­cu­ter avec les gens, obte­nir leur aide, évi­ter des loca­tions coû­teuses. Il ren­contre aus­si ses acteurs, Jacques Denis, Jean-Luc Bideau, Yvette Théraulaz, Erika Dentzler, pour par­ler des per­son­nages. Sur les futurs décors, il ima­gine les pre­mières images . L’opérateur fait l’in­ven­taire du maté­riel idéal pour assu­rer une bonne qua­li­té des images.

Pendant ce temps, avec des infor­ma­tions qui se révé­le­ront par­fois impré­cises, le pro­duc­teur cal­cule son bud­get, cette fois à rebours : que peut-on faire avec l’argent à dis­po­si­tion ? Beaucoup, ce sera dif­fi­cile, mais pas tout. Il fau­drait en réa­li­té dis­po­ser de plus de deux cent mille francs « cash » pour être à peu près à l’aise.

Alors com­mencent, paral­lè­le­ment aux repé­rages, d’autres démarches, d’autres dia­logues. Il faut for­mer une équipe, expli­quer, le mieux, pos­sible, à chaque col­la­bo­ra­teur com­ment se pré­sentent les choses, car le pro­duc­teur a déci­dé, que le film ne se fini­rait pas comme d’ha­bi­tude sur l’argent du ménage. Et il s’y tien­dra. Beaucoup com­prennent. Les prin­ci­paux col­la­bo­ra­teurs se contentent de modestes for­faits. Ils prennent le risque de la par­ti­ci­pa­tion — donc du paie­ment sur les recettes du film, s’il en fait…

Impossible, pour­tant, de tout faire seul : un par­te­naire accepte de four­nir son maté­riel, de prendre en charge le poste du son et d’une par­tie des fini­tions. Condor-Film de Zurich devient copro­duc­teur du film. Ça marche, et c’é­tait indispensable.

Enfin, avant de rece­voir l’argent de la Confédération dont tout dépend pour les autres par­te­naires, il faut pré­sen­ter un dos­sier soli­de­ment étayé du film, pour obte­nir la déci­sion de M. le conseiller fédé­ral Hurlimann qui exige main­te­nant que le tour­nage ne com­mence pas avant qu’il ait don­né sa signa­ture. Mi-mars : nous avons mal appré­cié cette exi­gence. Notre dos­sier est abon­dant, mais pas encore com­plet. Et l’on tombe sur la période de Pâques. Il faut tout ren­voyer de quinze jours. Cela pose des pro­blèmes à des col­la­bo­ra­teurs pres­sen­tis. Il faut s’ex­pli­quer. Le moral tombe à zéro. On se prend même à dou­ter. Bonnes Pâques …

Mais l’in­dis­pen­sable signa­ture arri­ve­ra cinq jours avant le début du tour­nage : le pro­vi­soire est deve­nu le défi­ni­tif. A suivre, avec un peu de retard, puisque le tour­nage est ter­mi­né depuis same­di dernier…

Freddy LANDRY

Dollar Brand, Papa Oyeah Makenzie et Paul Beat, sur la scène du Victoria Hall à Genève, durant un concert orga­ni­sé pour les besoins du tour­nage du film. (Photo Eva Martin)

 

 

Article original publié avec l’aimable autorisation des ayants droits.
© Tous droits réservés par ESH Médias, Neuchâtel.

Malcare WordPress Security