Les communes jouent au ni oui ni non et brouillent les plans d'ICI-Télévision

Les communes jouent au ni oui ni non et brouillent les plans d'ICI-Télévision

24 Heures, Lausanne
Les syndics ne se sont toujours pas prononcés sur la formule proposée pour soutenir financièrement la télévision locale. Un silence d'autant plus pesant que la situation est délicate: un salarié a été licencié et les programmes ont été allégés.

Depuis son lancement officiel en janvier 1996, la chaîne lo­cale ICI-Télévision n'a pas cessé d'étoffer ses programmes, aug­mentant du même coup ses be­soins financiers. La publicité pei­nant à rentrer et ses partenaires restant relativement prudents, la chaîne a donc dû envisager dès août dernier d'introduire une re­devance mensuelle, afin de tenir son budget annuel dépassant le million de francs.

L'introduction d'une contribu­tion de 1 fr. 50 par foyer câblé au téléréseau régional SITEL a ainsi été demandée aux munici­palités il y a neuf mois. Si dans un premier temps la Conférence des syndics du district a semblé se rallier à cette proposition, les magistrats ont finalement subor­donné leur approbation finale à un sondage auprès des 27 000 foyers concernés.

Une consultation dont les ré­sultats n'ont toujours pas été of­ficiellement fournis par la Confé­rence des syndics, mais dont on sait qu'elle a déjà incité quelques communes à faire machine ar­rière. A Chardonne, Montreux et La Tour-de-Peilz en particulier (@ Heures du 1er mai). Si les 'communes ne sont pas contre la télévision locale, pour autant elles ne sont pas pour... bien au contraire, pourrait-on résumer aujourd'hui.

Bonne cote

"Depuis début avril je n'ai eu aucun contact avec la Confé­rence des syndics et je ne sais pas ce qu'il se passe avec notre demande de contribution. Je trouve cela très décourageant." Pour le directeur de la télévision locale Costa Haralambis, ce si­lence est d'autant plus insuppor­table que la situation financière est délicate.

A tel point que l'un des cinq collaborateurs fixes et salariés d'ICI-TV a dû être licencié pour le mois de juin, que la program­mation va devoir être revue à la baisse et que l'incertitude est des plus grandes en ce qui concerne la rentrée d'automne. "Si l'im­passe politique actuelle devait durer jusque-là, une taxe volon­taire directement perçue par ICI­-TV pourrait être envisagée." Chère et compliquée, elle n'est pourtant guère envisageable.

Dommage, car si l'avenir d'ICI-TV n'a jamais ~té aussi sombre, son impact sur la popu­lation, en revanche, n'a jamais été aussi bon puisque presque la moitié des foyers câblés seraient aujourd'hui d'accord de s'acquit­ter de la redevance demandée.

Guy-Olivier Chappuis

 

Article original publié avec l’aimable autorisation des ayants droits.
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