"Une semaine sans raison"
Un cinéaste résidant à Vevey, Costas Haralambis, présentait, hier soir au cinéma « Bourg », à La Tour-de- Peilz, son premier long métrage : « Une semaine sans raison ».
Il s’agit d’un film tourné à la Clinique de Nant et au Centre psychosocial de Montreux. Il a pour propos de montrer divers aspects de la psychiatrie d’aujourd’hui.
Le tournage et le scénario ont été réalisés avec la collaboration du personnel soignant et des patients, après un travail préparatoire de huit mois. Les patients parlent de leurs problèmes, de leurs angoisses, non sans quelque gêne. Costa Haralambis a voulu démontrer que les affections psychiques et nerveuses sont des phénomènes de notre société. Plusieurs cas sont présentés. De nombreux objets sont débattus, notamment celui des médicaments. On constate que ceux-ci sont mal acceptés par les malades. La plupart ont contesté leur emploi, d’autres ne nient pas leur valeur, mais insistent sur le fait qu’ils ne sont que les agents complémentaires de la guérison. Les médecins, eux aussi, sont d’avis que le remède n’est pas le dieu suprême. L’un d’eux dira « qu’ils sont nécessaires parce que l’entourage du patient supporte mal son déséquilibre. Dans les sociétés rurales, le malade mental était accepté, maintenant ce n’est plus le cas. Les vieux subissent également ce rejet ».
Un montage de photos et de plan s filmés sera le meilleur moment du film. Une dame âgée s’enferme dans son chalet, situé un peu à l’écart du village. Elle rompt les ponts avec la communauté, elle vit dans un véritable cloaque. Son état physique se dégrade et ses voisins s’en.'inquiètent car elle refuse le secours d'un médecin. Un psychiatre viendra, pensant rencontrer une grande résistance. Un dialogue s’instaure et, finalement, la vieille dame sera soignée. Cette séquence à elle seule aurait pu faire l’objet d’un film entier, comme le signalait un spectateur. Hélas, Costas Haralambis a embrassé une somme trop importante de sujets, ce qui rend le film malaisé à suivre. On peut comprendre l’auteur dans son désir de considérer les maladies psychiatriques comme un tout faisant partie de notre monde quotidien, mais la tâche était trop ardue pour un premier long métrage... Sur le plan technique, nous avons également relevé des défauts. Le montage est trop rudimentaire, le cadrage laisse à désirer et les scènes de fiction (quatre comédiens jouant le rôle d’une famille très banale) s’insèrent mal dans les scènes vécues. Malgré ces réserves, le film vaut d’être vu, ne serait-ce que par le problème qu’il soulève. Il est, en effet, très rare qu’un metteur en scène s’attaque à un sujet aussi délicat, aussi difficile à saisir, car, comme la mort, la folie est un phénomène qui nous dépasse et, par là, suscite l’angoisse.
Le cinéma « Bourg », à La Tour- de-Peilz, présentera « Une semaine sans raison » les 24, 25, 26 et 27 novembre, à 20 h. 30.
Jean-Noël CuénodArticle original publié avec l’aimable autorisation des ayants droits.
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