"Odo-Toum", un musicien africain filmé à Genève par un Grec

Tribune de Genève

Prochainement au CAC

Il s'appelle Papa Oyeah Makenzie. Il es né au Ghana. mais il a formé son premier ensemble au Sénégal, "Love power", tout un programme. Est-ce bien nécessaire de le présenter? Ce musicien africain a connu la notoriété à Genève. Il joue de presque tous les instru­ments. Mais après avoir participé à divers festivals, notamment à celui de Montreux, il n'est plus d'accord de servir le "système". Il cherche d'autres harmonies.

Les concerts, les répétitions, la solitude après les coups de tam-tam, ça l'ennuie. Pour cet instrumentaliste, la musique doit représenter l'amour et vice-versa.

Tel est le thème du film que le jeune réalisateur grec Costa Haralambis a produit à Genève et ailleurs sur Papa Oyeah Maken­zie, Odo-Toum, d'autrea rythmes. Bande de fiction sur base documentaire à laquelle participent quelques comédiens romands, dont Denis, Bideau, et l'excentrique Erika Dentzler qui sait aussi chanter.

La plupart des problèmes que se posent les musiciens "pop" sont soulevés dans ce film-concert. La musique de l'amour? L'amour de la musique? L'amour de qui, de quoi, quand, comment, pourquoi? Ne faut-il pas dépasser les frontières commerciales et nationalistes, l'Occident, l'Orient? Ou faut-il céder à t'appel originel de "Go home" Africa?

L'important, c'est d'aimer

Ce n'est peut-être pas par hasard si Odo­ Toum sera présenté, ta semaine prochaine au Centre d'animation, en alternance avec le plus merveilleux mélodrame de ces dernières années. Il s'agit de L'important c'est d'aimer, film du Polonais Zulawskl. ancien assistant de Wadja, qu'interprètent Klaus Kinskl, Jacques Dutronc et Romy

Schneider.

Histoire d'amour fou, avec un metteur en scène encore plus fou dans le rôle duquel l'acteur Kinski est vraiment génial. Même le "monstre" s'est lainé prendre au jeu. La preuve, lors de son récent passage à Genève pour la sortie de Nosferatu, Kinski avait les larmes aux yeux en parlant de L'Important, c'est d'aimer.

Il disait: "Le cinéma c'est de la m... mais le film de Zulawski m'a touché. Dommage que l'argent ait manqué! L'histoire aurait été encore plus belle avec tes moyens adéquats". A vérifier.

par Georges Bratschi

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