Odo Toum, d'autres rythmes
Un musicien mystique
Suisse (1h25). Réal: Costa Haralambis. Avec Papa Oyeah Makenzie, Jean-Luc Bideau, Jacques Denis.
Un moment de la vie de Papa Oyeah Makenzie, musicien africain à Genève. Un étranger dans la ville, un prophète dans le désert. La flûte de Makenzie s'appelle silence. Il ne la quitte jamais. Parce que, pour lui, la musique est avant tout spiritualité et qu'on ne se sépare pas de son âme...
Son tam-tam, sa trompette, son balaphon, son dondo plongent leur cadence lancinante jusqu'au fond du corps. Réveillent l'être. Ils le guérissent parfois. Papa va jouer à l'hôpltal et apaise certains malades...
Tout au long du film, le musicien s'est cherché: solitaire. A la fin, il est accompagné d'un autre percussionniste et d'une danseuse. Mais son récital dans le théâtre à l'italienne est devenu un spectacle commercial. Papa s'est-il laissé récupérer?
Le film de Cor1ta Haralambis avec une rare pudeur, une rare science aussi, nous conduit jusqu'à l'Intimité du musicien. Jusqu'à sa solitude: c'est difficile de prôner la musique de l'amour universel chez des européens sans flamme. C'est difficile d'amener à soi les autres, et même la femme almée quand on veut avant tout se consacrer à son art. Papa Oyeah Makanzie vêtu de blanc, s'enfoncera solitaire dans la nuit crue. Ce film rare, sans jamais rien caricaturer. pose superbement tes angoisses du musicien mystique.
FABIENNE PASCAUD