L'œuvre de Costa Haralambis, un cinéaste veveysan
ODO-TOUM : un film en partie tourné à Vevey et à Montreux
Vendredi dernier avait lieu au Collège de Béthusy, à Lausanne, la première d'un film produit par Milos-Films : «Odo-Toum - D’autres Rythmes», de Costa Haralambis, cinéaste habitant Vevey. Ce film tourné en grande partie à Genève, au Casino et au Centre psychosocial de Montreux, au Centre Doret à Vevey et à la Clinique de Nant, est interprété principalement par un musicien africain. Papa Oyeah Makenzic, Yvette Théraulaz, Jacques Dénis, Jean-Luc Rideau, Eisa Wolliaston, Paul Beat, Erika Dentzler, René Durgniat, les comédiens du Théâtre et Tréteaux du Château, de La Tour-de-Peilz, de nombreux figurants et la participation exceptionnelle de Dollar Brand.
« La musique est spirituelle, c’est une langue universelle » dit Papa Oyeah Makenzie dans son rôle de musicien noir débarquant en Europe et voulant à tout prix transmettre son message de l’amour de la musique et la musique c’est l’amour, à des Européens bien peu intéressés en l’occurrence. Entouré de ses nombreux instruments, ce musicien noir ne vit effectivement que pour sa musique et ses rythmes, et Françoise, son amie (Yvette Théraulaz) lui demande: « A quoi est-ce que je sers pour toi ? » Papa, sur un autre rythme répond : « Quelqu’un qui veut des histoires avec moi vient après la musique. » En suivant le chemin solitaire de ce musicien, de répétitions en concerts, il n’a qu’une seule relation avec le monde extérieur, son manager, Jacques (Jacques Denis), et son ami Alex (Jean-Luc Bideau) qui pourtant lui conseillent de rentrer dans son pays : « Papa, rentre. Go home to Africa. Là-bas tu pourras faire quelque chose. Pas ici. » Et pourtant le musicien s’entête, il essaie de trouver la communication avec Couécou, un autre musicien noir, avec la belle et féline Eouraba, une danseuse noire, pour trouver finalement le contact lors d’un concert improvisé à Dollar Brand.
Un nombreux public assistait à cette première. Au début de la séance, M. Freddy Buache, directeur de la cinémathèque, annonçait pour l’année prochaine une importante manifestation consacrée à l’après-cinéma muet. M. Landry, producteur du film, se plut à remercier tous les comédiens et figurants de ce film dont le budget très modeste (125 000 fr.) n’a été dépassé que de 2000 fr.
Le film « Odo-Toum - D’autres Rythmes » reçut à la fin de la projection un accueil chaleureux, sans plus. Il nous a semblé, en effet, que malgré d’excellents moments, le film ne va pas au bout de ce qu’il voudrait montrer, c’est-à-dire les difficultés de la communication entre les êtres et qui plus est, entre le musicien et ses rythmes africains, et nos notions d’Européens à l’écoute d’une telle musique. La confrontation entre les êtres manque de précision, spécialement entre le Noir et son amie blanche.
Malgré ces quelques réserves et au vu des conditions difficiles de tournage, ce film mérite l’attention d’un large public.
(gip)Article original publié avec l’aimable autorisation des ayants droits.
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