24 Heures, Lausanne
ICI TV Riviera/Chablais est-elle aussi populaire que deux sondages – l’un maison, l’autre public – le laissent supposer ? Le passage, même provisoire, au système du péage volontaire d’une redevance par ses abonnés devrait bientôt donner une réponse précise aux responsables de la télévision, basée dans le Swissmédia veveysan.
En effet, d’ici à la fin du mois de juin, les 27 000 foyers de la Riviera qui captent les programmes d’ICI TV via le câble du téléréseau Sitel vont recevoir, pour la première fois, une facture de la jeune chaîne régionale lancée en janvier 1996.Il s’agira d’une redevance spontanée de 25 francs pour lui permettre de poursuivre ses activités.
Actionnaire entêté
Se heurtant à l’incompréhension de la Conférence des syndics des dix communes du district de Vevey qui avaient refusé le principe d’une taxe mensuelle de 1 fr. 50 par abonné (@ Heures du 31 mai), ce qui aurait amené 400 000 francs dans les caisses d’ICI TV, ses responsables se sont retrouvés dans une situation financière délicate. Avec un déficit cumulé dépassant désormais le million de francs et des recettes publicitaires qui n’amènent toujours que des clopinettes au budget, l’arrêt des programmes devenait imminent.
En fait, c’est uniquement grâce à l’entêtement de l’actionnaire et créancier principal qu’ICI TV est encore vivante. L’éditeur montreusien Jean-Paul Corbaz qui se montre pour l’instant d’une patience tout à fait exceptionnelle, sinon surprenante – il a en fait une foi d’enfer dans le multimédia – met tout de même en garde ceux qui voudraient continuer à lui « balancer des peaux de banane » sous les pieds. Avis donc aux politiciens trop sourcilleux.
Si les téléspectateurs pourront s’acquitter librement de cette redevance unique de 25 francs, les responsables d’ICI TV tablent sur un taux de paiement de 20%, à savoir sur un bol d’oxygène de 135 000 francs pour boucler un budget 1997 de 1,2 million de francs.
« Plus les abonnés paieront cette redevance, plus nous pourrons de nouveau étoffer nos programmes durant la semaine, ceci jusqu’à la fin de l’année », résume le directeur de la chaîne, Costa Haralambis. Quant à l’avenir plus lointain, la parole est donnée à Jean-Paul Corbaz qui souligne que dans l’état actuel de la publicité, seule une large recapitalisation de la société – dont il ne reste plus grand-chose du capital initial de 400 000 francs – pourrait stabiliser la situation.
Rappelons que depuis le début de l’année, la télévision locale avait dû revoir sa grille de programmes à la baisse, se concentrant comme à ses débuts sur des émissions de week-end. Deux collaborateurs ayant récemment dû être licenciés pour raison économique, la télé et sa société sœur de productions Médiaprofil emploient ensemble une dizaine de personnes. Un staff très souvent complété par des journalistes locaux de La Presse Riviera/Chablais qui appartient au groupe· de Jean-Paul Corbaz.
Guy-Olivier Chappuis
