«Odo-Toum»: le deuxième long métrage du cinéaste «veveysan» Haralambis
Avec «Odo-Toum» (d’autres rythmes), Costa Haralambis — à qui l’on doit déjà «Une Semaine sans Raison» — ne propose pas une œuvre tapageuse et démagogique mais une création-réflexion sensible et discrète, très «intérieure». Tout le film repose sur la personnalité d’un musicien africain travaillant à Genève (et déjà venu se produire sur la Riviera), Papa Oyeah Makenzie, né au Ghana. Un homme étrange (du moins en regard des canons de la civilisation occidentale) et fascinant, ne vivant que pour sa musique, à la fois identité et amour.
Scène après scène, le cinéaste montre Papa Oyeah Makenzie en situation et en réaction (les autres acteurs, dont Jean-Luc Bideau, jouant en quelque sorte le rôle de stimulis psychologiques), de manière à ce que le spectateur puisse rapidement cerner l’intériorité spirituelle du personnage.
COMME UN PAPILLON FOU...La démarche est intéressante en ce sens qu’elle ne montre pas seulement quelque chose mais qu’elle provoque la réflexion. Comment, en effet, ne pas sentir qu’il y a un certain malaise dans le monde actuel lorsque l’on voit Papa Oyeah, désireux de faire partager son amour à travers ses chants et ses rythmes se heurter comme un papillon fou aux globes de la raison, de l’argent et du temps.
Tourné en partie dans la région (Théâtre de Vevey, Casino de Montreux), «Odo-Toum» souffre à mon avis d’un seul défaut: la répétition un peu exagérée du message. Costa Haralambis aurait probablement pu raccourcir certains passages de son film sans forcément mettre en péril la faculté de compréhension du spectateur. Cela dit, il reste une œuvre intéressante et prenante, techniquement soignée et surtout hautement interpellatrice. Point qui, finalement, est peut-être le plus important.
Jean-Charles KollrosArticle original publié avec l’aimable autorisation des ayants droits.
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