Deux cinéastes veveysans prophètes en leur pays?
Après « Une Semaine sans Raison », tourné à Nant voilà trois ans, le cinéaste grec Costa Haralambis a réalisé « Odo-Toum », avec le musicien africain Papa Oyeah Makenzie. Les images ont été tournées à Genève, ainsi que sur la Riviera (Casino de Montreux, Centre Doret à Vevey, notamment). On y suit la musique fascinante, les rythmes et les mélopées d'un artiste pour qui son art est la vie même. « La musique, c'est l'amour », répète-t-il. C'est son moyen de communication, l'expression même de son être. Et, tout au long du film, on ressent ce sentiment profondément enraciné en lui. Mais parallèlement, on prend conscience de ce qui sépare le musicien de ceux qui l'écoutent — et même de ceux qui l'apprécient ou qui l'aiment : pour les Européens — ainsi que l'exprime le personnage campé par Jean-Luc Bideau — Papa Oyeah Makenzie n'est qu'une curiosité, un élément folklorique, une nouveauté que l'on découvre, que l'on met à la mode avant, peut-être, de se tourner vers un autre folklore pittoresque.
On pourrait encore évoquer le personnage de l'impresario-ami, qui souhaite plus d'exotisme encore dans le spectacle, afin de rendre l'affaire commercialement rentable.
Cette analyse — peut-être un peu insistante — d'un déracinement culturel, jointe à de belles séquences musicales où Dollar Brand apporte les merveilles de son piano, font de cette réalisation un film intéressant à plus d'un titre.
Les deux films seront projetés au Cinéma Royal, à Vevey, du 22 au 28 mai. Le premier soir, Papa Oyeah Makenzie jouera en seconde partie.
Ph. RinsozArticle original publié avec l’aimable autorisation des ayants droits.
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