Le Mitil, un nouveau rendez-vous

Sonovision, France

Le Mitil, dont la pre­mière édi­tion s’est tenue dans la tran­quille et ver­doyante ville de Vevey en Suisse, a consti­tué un lieu for­mi­dable de ren­contres et d’échanges de points de vue. Certes, tout ne fut pas par­fait, comme le recon­naissent volon­tiers les orga­ni­sa­teurs, et le nombre de visi­teurs doit encore croître.

Toutefois, il est impor­tant que le Mitil existe. Cette mani­fes­ta­tion offre une tri­bune aux acteurs des télé­vi­sions locales euro­péennes qui ont enfin un lieu à leur dimen­sion. Quelque deux cent quatre-vingts visi­teurs venus de trente pays ont par­ti­ci­pé à cette pre­mière édi­tion. L’ ambi­tion de l’édition 2002, qui se tien­dra à Vevey du 12 au 15 juin, est de mul­ti­plier par deux le visitorat.

  • Légende pho­to : Vevey, son lac… et désor­mais son Marché inter­na­tio­nal des télé­vi­sions indé­pen­dantes et locales (Mitil)

La mis­sion des télé­vi­sions locales varie d’un pays à l’autre : agent actif de la démo­cra­tie, défense cultu­relle, rap­pro­che­ment des télé­spec­ta­teurs. Leur seul déno­mi­na­teur com­mun est le manque chro­nique d’argent avec, bien enten­du, des échelles variables entre une télé­vi­sion serbe et une consœur suisse. Toutes les chaînes déploient des efforts pour assu­rer la qua­li­té tech­nique de leurs pro­grammes et de leur dif­fu­sion. Les nou­veaux outils numé­riques (comme le for­mat DV) et la bana­li­sa­tion des PC faci­litent cette tran­si­tion vers le tout numérique.

Autre fait mar­quant, les pro­duc­teurs et dif­fu­seurs doivent tra­vailler dif­fé­rem­ment. Disposant de peu d’argent, les chaînes n’achètent pas chers les pro­grammes, il est donc logique que pro­duc­teurs et dif­fu­seurs puissent col­la­bo­rer en amont sur des pro­jets. Il est aus­si fon­da­men­tal de tis­ser des rela­tions entre les télé­vi­sions locales pour syn­di­quer les programmes.

Une asso­cia­tion pour les locales
Fondé au mois de juin, le CERTIL (Confédération euro­péenne des radios et télé­vi­sions indé­pen­dantes et locales) a pour objec­tif de mettre en place une coopé­ra­tion tech­nique, des échanges de pro­grammes entre télé­vi­sions et radios locales. Il s’agit aus­si et sur­tout d’assurer une action néces­saire de « lob­bying » auprès des ins­tances euro­péennes et des orga­ni­sa­tions inter­na­tio­nales. Le pré­sident du CERTIL est Marco Rossignoli (Italie), le vice pré­sident et tré­so­rier Philippe Gault (France) et le secré­taire géné­ral Antonios Dimitriou (Grèce).

Le retard de la France

À l’issue des dif­fé­rentes confé­rences et tables rondes qui se sont dérou­lée du 20 au 23 juin der­nier, force est de consta­ter que la France est à la traîne, en par­ti­cu­lier dans le par­te­na­riat et l’échange de conte­nus entre les dif­fé­rentes télé­vi­sions. Il en va tout autre­ment, par exemple, en Yougoslavie, Hongrie ou encore en Espagne, pour ne citer que ces trois pays.

En pays cata­lan, trente-cinq télé­vi­sions locales ont adhé­ré à TLC (tele­vi­sions locales de Catalogne), asso­cia­tion sou­te­nue par les auto­ri­tés publiques. Les dif­fé­rentes sta­tions sont reliées par satel­lite à un centre tech­nique basé à Barcelone. Les infor­ma­tions sont réa­li­sées par une agence de presse et envoyées aux dif­fé­rentes sta­tions locales deux fois par jour, en début et fin d’aprèsmidi.

Les pro­grammes dif­fu­sés sont pro­duits par les chaînes elles-mêmes ou des pro­duc­teurs exté­rieurs. Ils sont vision­nés et sélec­tion­nés par un conseil de repré­sen­tants des chaînes locales.

Gavà Television, chaîne locale de la ville de Gavà (qua­rante mille habi­tants) qui fait par­tie du réseau TLC, pro­duit depuis 1999 un bul­le­tin météo­ro­lo­gique quo­ti­dien de trois minutes. Ce pro­gramme est dif­fu­sé par douze autres chaînes. Lesquelles paient 180 euros par mois pour y avoir accès. Envoyé par satel­lite, ce bul­le­tin se scinde en deux par­ties : la pre­mière donne un aper­çu des pré­vi­sions météo­ro­lo­giques de la Catalogne, la seconde est per­son­na­li­sée pour cha­cune des télé­vi­sions locales cliente. Le météo­ro­lo­giste qui pré­pare les cartes est éga­le­ment pré­sen­ta­teur du bul­le­tin (cartes météo info­gra­phique avec ani­ma­tion, pré­sen­ta­tion sur fond bleu).

Gavà Television dis­pose d’un bud­get annuel de 691 000 euros et emploie qua­torze employés à temps com­plet. En Andalousie, un réseau qua­si simi­laire, EMA-RTV, fédère les télé­vi­sions et les radios locales.

Eureka, par­te­naire actif

Eureka fut un par­te­naire actif lors de la pre­mière édi­tion du Mitil. Elle a notam­ment per­mis d’inviter de nom­breuses télé­vi­sions indé­pen­dantes des pays d’Europe de l’Est. Ces der­nières, qui pour la plu­part ont un bud­get de fonc­tion­ne­ment proche de zéro, font preuve d’une énorme débrouillar­dise en inven­tant, pro­dui­sant et dif­fu­sant avec des outils numé­riques « légers ».

Eureka Audiovisuel est une orga­ni­sa­tion inter­gou­ver­ne­men­tale paneu­ro­péenne qui com­prend trente-cinq pays membres, aux­quels s’ajoutent au titre de membres asso­ciés la Commission euro­péenne et le Conseil de l’Europe. Cette ini­tia­tive, lan­cée en 1989 à Paris lors des Assises euro­péennes de l’audiovisuel, a pour prin­ci­pale mis­sion de contri­buer au déve­lop­pe­ment d’un vaste espace euro­péen de coopé­ra­tion et d’échanges dans le sec­teur de l’audiovisuel.

Un espace de pré­sen­ta­tion technologique

Parallèlement aux nom­breuses confé­rences, le Mitil a per­mis l’organisation d’une expo­si­tion indus­trielle, certes modeste mais où cha­cun a pu prendre le temps de dia­lo­guer et de trou­ver des solu­tions aux pro­blé­ma­tiques et aux exi­gences propres à chaque chaîne.
Ainsi, la filiale euro­péenne de PVI était pré­sente pour pré­sen­ter ses dif­fé­rents outils. Ce lea­der mon­dial de solu­tions de publi­ci­tés vir­tuelles a déve­lop­pé avec suc­cès un sys­tème d’insertion vidéo en temps réel (LVIS).

Grâce à une tech­no­lo­gie de vision infor­ma­tique bre­ve­tée, ce sys­tème insère des images élec­tro­niques, géné­rées par ordi­na­teur, dans des images dif­fu­sées en live (broad­cast et web­cast) ou en post­pro­duc­tion. Ces images peuvent être de simples logos ou des ani­ma­tions 3D complexes.

PVI, qui tra­vaille aux Etats-Unis pour les ligues natio­nales de base­ball et de foot­ball amé­ri­cain, a ouvert l’année der­nière un bureau euro­péen à Bruxelles. PVI Europe pos­sède dans ses locaux deux véhi­cules équi­pés des moyens tech­niques mais aus­si de moyens fixes. La socié­té compte quinze per­sonnes en Europe où elle met en place un réseau d’agents. Son champ d’action géo­gra­phique est l’Europe et l’Afrique. La tech­no­lo­gie PVI peut se faire via des camé­ras ins­tru­men­tées ou par ana­lyse de l’image, la seconde solu­tion reve­nant moins cher.

  • Légendes pho­to : Le Mitil a été un moment pri­vi­lé­gié pour assis­ter à des confé­rences por­tant aus­si bien sur la tech­no­lo­gie que sur les pro­blé­ma­tiques de pro­duc­tion et d’échanges de pro­grammes des chaînes locales
  • Costa Haralambis, pré­sident et fon­da­teur du Mitil

La pub vir­tuelle, c’est quoi ?

La publi­ci­té vir­tuelle consiste à insé­rer dans l’image un logo, par exemple au milieu de la pelouse d’un ter­rain de foot­ball, ou à créer de faux écrans vidéo géants dans les gra­dins du public d’un stade. La publi­ci­té vir­tuelle offre de nom­breux avan­tages, en par­ti­cu­lier celui de s’intégrer au cœur de l’action. Il est donc impos­sible de la « zap­per ». Jusqu’à ce jour, les ins­ti­tu­tions euro­péennes étaient assez réfrac­taires sur cette tech­no­lo­gie, mais les choses changent et sont en passe de se légaliser.

L’un des mul­tiples avan­tages de la publi­ci­té vir­tuelle réside dans la trans­mis­sion mul­tiple d’un seul et même évé­ne­ment ou spec­tacle. Il est pos­sible d’insérer des publi­ci­tés dif­fé­rentes selon les pays qui dif­fusent l’événement. Pour l’annonceur, cela signi­fie éga­le­ment une adap­ta­tion des publi­ci­tés en fonc­tion des mar­chés locaux. Pour les déten­teurs de droits et les dif­fu­seurs, cet avan­tage offre à nou­veau la pos­si­bi­li­té de géné­rer des reve­nus sup­plé­men­taires en diver­si­fiant les ventes des mul­ti­trans­mis­sions en fonc­tion de plu­sieurs acheteurs.

Outre la publi­ci­té vir­tuelle, PVI pro­pose une large gamme d’enrichissements vir­tuels de jeux, via notam­ment l’insertion d’informations aidant à la com­pré­hen­sion et dyna­mi­sant l’événement spor­tif (logo des clubs, com­po­si­tion des équipes et posi­tions sur le ter­rain, dis­tance jusqu’au but, ligne d’arrivée, ligne de hors-jeu…). Ces pres­ta­tions, qui reposent sur LVIS, peuvent être effec­tuées en live ou en postproduction.

PVI inter­vient sur le mar­ché amé­ri­cain éga­le­ment pour de l’insertion de marques ou de packa­ging publi­ci­taire sur des séries télé­vi­sées et des sit­coms. La pre­mière sai­son d’une série a été tour­née, elle ren­contre un large suc­cès d’audience. Les annon­ceurs sou­haitent mettre en avant leur marque. Grâce à la tech­no­lo­gie PVI, il est pos­sible rapi­de­ment de réa­li­ser un motion tra­cking sur une par­tie d’une séquence. Un acteur se retrouve sous la douche avec un fla­con de sham­poing ou mange des céréales alors que ces pro­duits n’avaient pas été filmés.

PVI a déve­lop­pé i‑Point qui per­met d’inclure des publi­ci­tés vir­tuelles sur des pro­grammes dif­fu­sés en strea­ming sur le Web. Les élé­ments vir­tuels sont inter­ac­tifs. Le sys­tème i‑Point est un pro­gi­ciel qui fonc­tionne en toute indé­pen­dance par rap­port à la plate-forme.

Le « stop motion » en temps réel
Aux Etats-Unis, lors de la finale du Super Bowl, PVI a inno­vé avec une nou­velle tech­no­lo­gie bap­ti­sée « Eye Vision ». Cet effet de « stop motion », ren­du célèbre par Matrix, per­met en temps réel de se dépla­cer autour de joueurs qui sont figés, de trou­ver un nou­veau point de vue et de relan­cer l’action. Le sys­tème néces­site un car-régie spé­ci­fique. Sur le ter­rain, ce sont une tren­taine de camé­ras qui sont pla­cées, un opé­ra­teur les pilote toutes. Elles sont asser­vies en fait à une camé­ra. Lorsque le cadreur déplace une camé­ra, toutes les autres se meuvent dans la même direc­tion. PVI réflé­chit actuel­le­ment à la construc­tion d’un tel car pour le mar­ché européen.

Des outils adaptés

Les chaînes locales doivent, sans faire de conces­sion sur la qua­li­té, trou­ver des solu­tions pour dif­fu­ser mieux et au meilleur coût. Il existe des outils ori­gi­naux et adap­tés. En Belgique, la chaîne No Télé (« Notre Télé » en langue picard) fait par­tie des douze télé­vi­sions fran­co­phones de la Wallonie.

Elle dif­fuse 24 heures sur 24 des pro­grammes et reven­dique 320 000 foyers poten­tiels. Les deux tiers des télé­spec­ta­teurs la regardent au moins une fois par semaine et le solde tous les jours. « Nous vou­lons que de nom­breuses socié­tés, com­mer­çants, asso­cia­tions de quar­tier puissent com­mu­ni­quer sur notre chaîne. Nous don­nons la parole aux annon­ceurs locaux. Nous gérons envi­ron douze minutes de publi­ci­tés nou­velles par jour. Pour nous aider dans l’administration, la ges­tion et la fac­tu­ra­tion, nous avons acquis une solu­tion informatisée. »

  • Légende pho­to : TVScheduler, un outil simple d’utilisation et bon marché

TVScheduler de la socié­té IBS est une appli­ca­tion intui­tive déve­lop­pée sous Mac OS par­ti­cu­liè­re­ment des­ti­née aux chaînes locales. Cette solu­tion gère la grille de pro­gram­ma­tion en réa­li­sant de simples « glisser-déposer » depuis la biblio­thèque regrou­pant les dif­fé­rents pro­grammes vers la grille. Chaque semaine est assi­mi­lable à un dos­sier conte­nant les diff é rents médias ou les réfé­rences de ces médias sto­ckés sur un ser­veur central.

TV Scheduler est capable de pilo­ter quatre sources exté­rieures (magné­to­scopes, ser­veurs vidéo, DDR), mais aus­si de lire des fichiers QuickTime, Mpeg ou bien des slide-shows. Il est capable d’assurer des tran­si­tions entre les dif­fé­rentes sources. TV Scheduler peut éga­le­ment com­mu­ter sur des pro­grammes live, des liai­sons satel­lites. Il est com­mer­cia­li­sé à par­tir de 4995 $. On peut lui asso­cier l’application TV Planer qui gère le plan­ning des inser­tions publi­ci­taires et assure la fac­tu­ra­tion des annon­ceurs. Le logi­ciel repose sur une base de don­nées SQL Serveur entiè­re­ment personnalisable.

No Télé dif­fuse des publi­ci­tés info­gra­phiques, fixes ou ani­mées, qui peuvent béné­fi­cier d’une illus­tra­tion sonore gérée auto­ma­ti­que­ment via un module de play-list audio de fichiers MP3.

  • Légendes pho­to : Il est pos­sible d’importer direc­te­ment des images fixes pour créer des « slide-shows » dans
    TVScheduler
  • TVScheduler, un outil simple d’utilisation et bon marché

UTLC, asso­cia­tion française

L’Union des télé­vi­sions locales du câble (UTLC) regroupe les chaînes nées du plan câble, loi Léotard de 1986. Sur les cent chaînes pré­sentes en France, dont les bud­gets oscil­lent entre 500 000 F et 12 MF, vingt ont adhé­ré à l’UTLC. Ces chaînes sont ali­men­tées prin­ci­pa­le­ment par les col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­riales. Certaines obtiennent des fonds sup­plé­men­taires grâce à des res­sources publi­ci­taires ou à de la pro­duc­tion. La publi­ci­té reste la cerise sur le gâteau, les chaînes devant jouer à cache-cache avec le CSA sur la publi­ci­té pour les grandes surfaces.

Un vidéo-prompteur à petit prix

La socié­té you­go­slave String a déve­lop­pé éga­le­ment des solu­tions bon mar­ché des­ti­nées aux dif­fu­seurs, en par­ti­cu­lier un logi­ciel ASTV Prompter qui, comme son nom l’indique, est des­ti­né à la réa­li­sa­tion de promp­teurs vidéo sur base infor­ma­tique. Le logi­ciel est basique mais néan­moins pra­tique. Il per­met d’importer un texte sai­si sur un trai­te­ment de texte, de chan­ger la taille, la cou­leur (texte et fond), de choi­sir une vitesse de défi­le­ment et de pla­cer un décompte. ASTV Generator est une appli­ca­tion d’insertion de logo (fixe ou ani­mé), de créa­tion de géné­riques, d’horloge…

  • Légende pho­to : Le logi­ciel ASTV Prompter dis­pose à petit prix de toutes les fonc­tions de base, depuis le choix de la police jusqu’au para­mé­trage des mouvements
  • Comme son nom l’indique, le logi­ciel ASTV Prompter est des­ti­né à la réa­li­sa­tion de promp­teurs vidéo sur base informatique

Les jeux interactifs

Les télé­vi­sions locales peuvent dyna­mi­ser leur audience avec des jeux inter­ac­tifs, simples d’emploi, bon mar­ché et ne néces­si­tant pas une débauche tech­no­lo­gique imposante.

La socié­té suisse Cocktail Media a déve­lop­pé des modules de jeu inter­ac­tif pour les chaînes de télé­vi­sion. Deux jeux entiè­re­ment « packa­gés » existent au cata­logue : Magic House et Xyberra. Magic House est des­ti­né à un public de huit à qua­torze ans. Il est basé sur des ques­tion­naires à choix mul­tiples. Le can­di­dat télé­phone ou va sur un site Internet pour s’inscrire. L’animateur a tout loi­sir de dia­lo­guer avec le par­ti­ci­pant. Ce der­nier dicte ses choix à l’animateur qui dirige l’ordinateur. Pour le jeu Xyberra, le can­di­dat inter­vient lui-même grâce à son cla­vier téléphonique.

Les deux jeux peuvent s’installer sur un PC ou un Mac, ils ne néces­sitent pas de moyens tech­niques com­plexes (une carte de trans­co­dage informatique/vidéo et un insert télé­pho­nique). Un module sup­plé­men­taire de Xyberra est à dis­po­si­tion pour per­mettre de pilo­ter une micro-caméra USB afin d’incruster l’image de l’animateur dans le jeu.

Cocktail Media déve­loppe des concepts de jeux télé­vi­suels et inter­ac­tifs à la carte selon des demandes spécifiques.

  • Légende pho­to : La socié­té suisse Cocktail Media a déve­lop­pé des jeux inter­ac­tifs pour les chaînes locales à petit bud­get. Les moyens tech­niques néces­saires sont minimes par rap­port à l’impact

Une vidéo­thèque hors pair

Les par­ti­ci­pants du Mitil ont tous lar­ge­ment appré­cié la vidéo­thèque en ligne mise en place par la socié­té A Vision. Plus de quatre-vingts heures de pro­grammes numé­ri­sés en Mpeg‑1 étaient acces­sibles depuis de nom­breuses sta­tions infor­ma­tiques de consul­ta­tion. Le logi­ciel uti­li­sé était Video Click de la socié­té Vsoft. Parmi les pro­grammes en pro­ve­nance de dif­fé­rents pays, rares étaient ceux pré­sen­tés par les pro­duc­teurs, la plu­part pro­ve­nant direc­te­ment des diffuseurs.

La petite excep­tion, nous la devons à la socié­té Aménic Cinéma, un pro­duc­teur de La Roche-sur-Yon pré­sé­lec­tion­né pour la com­pé­ti­tion des Mitil Awards dans la caté­go­rie « Fiction » pour deux de ses oeuvres. Même si le film d’entreprise reste son acti­vi­té prin­ci­pale, cette socié­té éclec­tique a mis en place depuis quelques mois un dépar­te­ment de pro­duc­tion docu­men­taire et fiction.

La cel­lule docu­men­taire pro­duit des films ou dis­tri­bue des films de socié­tés tierces. Dans ce cas, elle apporte son savoir- faire et n’hésite pas à remixer les films pour les adap­ter à la qua­li­té néces­saire à une dif­fu­sion télé. Aménic Cinéma s’est spé­cia­li­sée, entre autres, dans l’univers aqua­tique. Le pôle fic­tion a déjà pro­duit dif­fé­rents courts-métrages, en par­ti­cu­lier la série « Les connec­tés » qui com­prend treize épi­sodes de quatre minutes. Ces pro­grammes, dif­fu­sés sur des télé­vi­sions locales et natio­nales, peuvent aus­si êtres adap­tés pour du strea­ming sur le Web.

  • Légende pho­to : Cette mise en ligne des pro­grammes uti­li­sait le logi­ciel Video Click de la socié­té Vsoft

Un bou­quet d’un nou­veau genre

Présente elle aus­si au Mitil, 21st Century Digital Business était là en quête de pro­grammes et pour expo­ser son propre pro­jet mêlant télé­vi­sion numé­rique et Internet. La socié­té, dont nous avons ren­con­tré le vice­pré­sident et direc­teur tech­nique et du déve­lop­pe­ment, Jean-Marc Fonseca (lire inter­view en enca­dré), a bou­clé son tour de table. Il lui faut désor­mais pas­ser à la phase de concré­ti­sa­tion avant lan­ce­ment du bou­quet de ser­vices. 21st Century Digital Business est basée dans le sud de la France, à proxi­mi­té de Sophia-Antipolis. Le site héber­ge­ra un pla­teau TV.

Plutôt que de mon­ter un roupe audio­vi­suel de manière clas­sique, 21st Century Digital Business pré­fère accueillir des micro-entreprises capables d’apporter de la valeur ajou­tée. La socié­té leur offre un ensemble de faci­li­tés (locaux, par­tage de struc­ture, aides aux plans de finan­ce­ment, déve­lop­pe­ment de technologie).

En contre par­tie, ces entre­prises par­te­naires lui four­nissent en prio­ri­té, pour une durée et des prix défi­nis d’un com­mun accord, une série de pres­ta­tions et de ser­vices. Ces entre­prises auront toute liber­té pour com­mer­cia­li­ser leur acti­vi­té auprès d’autres clients non direc­te­ment concur­rents. À terme, elles pour­ront être inté­res­sées aux résul­tats com­mer­ciaux de 21st Century Digital Business.

  • Légende pho­to : L’ensemble des pro­grammes en com­pé­ti­tion était numé­ri­sé et sto­cké sur un ser­veur vidéo avec des accès multiples

21ST CENTURY DIGITAL BUSINESS
Entretien avec Jean-Marc Fonseca, vice-président

  • « Quel est votre pro­jet de bouquet ?
    Dans un espace concur­ren­tiel fer­mé, il paraît dif­fi­cile de créer de nou­velles chaînes thé­ma­tiques. Pour être regar­dé, il faut déjà dépen­ser de fortes sommes en publi­ci­té. Nous avons une autre approche qui consiste à se ser­vir du télé­vi­seur comme d’un sup­port capable de géné­rer du com­merce sur Internet. Nous ne fai­sons pas de la télé­vi­sion, nous nous en ser­vons. Seul le réseau de dis­tri­bu­tion, soit le nombre de per­sonnes pro­prié­taire d’un ter­mi­nal, est valo­ri­sable et peut inté­res­ser les commanditaires.
  • Pourquoi ne pas se ser­vir de l’interactivité sur le téléviseur ?
    L’interactivité sur la télé­vi­sion n’intéresse qu’une très faible marge des télé­spec­ta­teurs. Majoritairement, ils pré­fèrent uti­li­ser un micro-ordinateur pour dis­po­ser d’informations pra­tiques. Notre idée est d’associer la télé­vi­sion et le PC, en leur conser­vant leurs tâches res­pec­tives. Nous allons rendre com­mu­ni­quant le ter­mi­nal mul­ti­mé­dia (set top-box) et l’ordinateur, via l’envoi d’e‑mails. Il s’agit de sug­gé­rer l’information et de don­ner l’envie d’en savoir plus à par­tir de seg­ments d’oeuvres audio­vi­suelles, valo­ri­sées par les dif­fé­rentes programmations.
  • Comment ça marche ?
    Imaginez-vous devant votre télé­vi­seur regar­dant un maga­zine his­to­rique sur Fidel Castro. Le logo @ appa­raît en sur­im­pres­sion sur l’image. Vous appuyez avec votre télé­com­mande et vous rece­vez un SMS qui vous indique qu’une infor­ma­tion vous attend dans votre boîte à lettres élec­tro­nique. Ce cour­rier élec­tro­nique vous dira par exemple quel cigare fume Fidel Castro et en plus vous pou­vez l’acheter. Les dif­fé­rents membres de la famille peuvent per­son­na­li­ser leur propre e‑mail.
  • Quelles seront les chaînes ?
    Dans un pre­mier temps, cinq chaînes thé­ma­tiques seront acces­sibles gra­tui­te­ment : une sur les sports de glisse, une autre sur les acti­vi­tés « Natural Outdoor » (bri­co­lage, jar­di­nage, pro­duit du ter­roir), une troi­sième sur les « oppor­tu­ni­tés com­mer­ciales et finan­cières » en jour­née et « le charme et la séduc­tion » le soir, une qua­trième musi­cale (musique eth­nique, nou­veaux groupes et chan­teurs, ama­teurs) et une der­nière sur le voyage et le tou­risme vert. Nous achè­te­rons des pro­grammes courts ou longs que nous refor­ma­te­rons ou, plus sim­ple­ment, des rushes, des images d’archives.
  • Comment sera dis­tri­bué le terminal ?
    Le ter­mi­nal sera four­ni qua­si gra­tui­te­ment, il ne faut pas le don­ner car les consom­ma­teurs vont se méfier. Il faut le pro­po­ser avec un abon­ne­ment mini­mum et com­plé­men­taire à un achat. Par exemple, lors du renou­vel­le­ment de votre carte ban­caire, le ter­mi­nal vous est pro­po­sé par votre banque.
  • Comment comptez-vous vous rémunérer ?
    La rému­né­ra­tion se fera sur un pour­cen­tage des ventes effec­tuées par les clients. Nous pren­drons une com­mis­sion de 12 à 14%. Nous pen­sons que rapi­de­ment huit mille tran­sac­tions seront effec­tuées quotidiennement. »

Propos recueillis par Stéphan Faudeux

Stéphan Faudeux

 

 

 

 

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