La chaîne régionale ICI TV en a besoin

La chaîne régionale ICI TV en a besoin

La Presse, Riviera-Chablais

Téléspectateurs, êtes-vous d'accord de verser 1fr. 50 par mois?

Lancée en janvier 1996, la chaîne régionale ICI TV jouit d'une forte cote de popularité. D'autant plus qu'elle est gratuite! Or, pour continuer sur sa lan­cée, elle a besoin d'une modeste contribution des téléspectateurs. Un sondage est en cours.

"Estimez-vous qu'ICI Télévision doit continuer à exister? Si oui, seriez-vous prêt à ce que votre taxe SITEL augmente de 1 fr. 50 par mois?" Ces deux ques­tions sont posées ces jours par les municipalités des dix communes du district de Vevey aux quelque vingt mille ménages raccordés au réseau câblé.

Lancée en janvier 1996, la chaîne régionale ICI TV est une société entièrement privée. Elle n'a donc pas, comme plusieurs de ses consœurs, fait appel aux de­niers des contribuables. Dès lors, pourquoi la perception d'une re­devance doit-elle avoir l'agrément des exécutifs locaux? Parce que la SITEL, qui enfouit ses câbles dans le sous-sol public, ne peut contractuellement modifier ses ta­rifs sans en référer aux municipa­lités.

Voilà pour l'explication for­melle de ce sondage.

IMPOSSIBLE DE NOUER LES DEUX BOUTS

Sur le fond, c'est tout simple­ment la poursuite de cette belle aventure qui est en jeu. En effet, ICI TV ne parvient pas, tant s'en faut, à nouer les deux bouts.

Au départ, le financement de l'opération reposait sur quatre axes: part de la redevance fédéra­le (rétrocession partielle de la taxe SSR aux TV locales), publi­cité et sponsoring, abonnement via les téléréseaux, échanges et partenariat avec le journal LA PRESSE. «Nous avons décidé de lancer d'abord la chaîne, afin que le public puisse juger sur piè­ces avant d'être sollicité financiè­rement», commente Costa Hara­lambis, directeur d'ICI TV. "Malheureusement, la quote-part fédé­rale a été réduite de 32% par rapport à ce que l'on nous avait pro­mis. D'autre part, le marché en crise n'a pas répondu à nos atten­tes dans le domaine publicitaire. De telle sorte que le trou s'est creusé chaque jour davantage. Nous ne pouvons plus retarder encore le moment de faire appel aux téléspectateurs", poursuit le directeur. ·

Considérant la cote de popula­rité de la chaîne (50% d'au­dience, 80% de taux de satisfac­tion, selon sondage Mis-Trend), les responsables d'ICI TV tablent donc sur une nouvelle répartition des ressources, à parts égales: pu­blicité, abonnements, redevance fédérale.

Avec 20 000 abonnés dans le district de Vevey, plus 5000 dans celui d'Aigle et 1500 dans la ré­gion de Châtel-Saint-Denis, le rendement devrait être de 400 000 fr. environ (frais administratifs dé­duits), soit le tiers du budget an­nuel de fonctionnement.

«VOUS ICI»: 15 000 FRANCS PIÈCE

L'effort demandé paraît mi­nime: le prix d'une demi-tasse de café par mois... Mais que se pas­sera-t-il si, par hypothèse, le son­dage des municipalités devait être négatif? "Nous serions contraints de réduire nos prestations de fa­çon draconienne. Sachez, par exemple, qu'une seule émission d'actualités hebdomadaires com­me "Vous ICI" coûte 15 000 fr. Alors que la reprise d'une série ou d'un documentaire de 50 minutes ne revient qu'à 1000 fr.", indique Costa Haralambis.

On n'en est pas là! Le public apprécie cette chaîne de proxi­mité et les municipalités elles-mê­mes «sont d'avis que la télévision régionale est un média d'avenir".

P.-A.L.

 

Article original publié avec l’aimable autorisation des ayants droits.
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