Deux jeunes vidéastes veulent vendre des images
A la TSR et en vue de la télévision régionale
Enregistrer des images sur le vif à l'aide d'une caméra vidéo puis les voir diffusées ensuite à la télévision: n'est-ce pas le rêve du vidéaste passionné? Mais attention, les chaînes, qu'il s'agisse de la «grande» TSR ou d'une locale en cours de création comme ICI Télévision, sur la Riviera, ont leurs exigences. Deux gymnasiens, Rafaël Poncioni, de Vevey, et Romain Schneider, à La Tour-de-Peilz, le savent, eux qui filment des manifestations locales ou des faits divers et tentent ensuite de vendre leurs images.Rafaël Poncioni a déjà fait l'objet d'articles dans LA PRESSE, pour un film vidéo sur le Flon à Lausanne réalisé dans le cadre du gymnase et parce qu'il fut membre du Jury des jeunes du Festival de Locarno 1994. Sa passion pour la vidéo est apparue au collège, alors qu'il suivait un cours à option consacré justement à la vidéo. Il y a un an, il a fondé «R oo R Télévision» avec son ami Romain Schneider. Lui, c'est le preneur de son. Alors que Rafaël Poncioni manie la
caméra semi-professionnelle, Romain Schneider tend le micro monté sur une perche. Presque comme des "pros".
Ils ont décidé de vivre leur hobby «sur le terrain»: «Nous nous déplaçons parfois pour des faits divers, surtout des incendies, que nous essayons ensuite de vendre à la TSR», déclare Rafaël Poncioni. Le duo a eu fort à faire récemment, entre les feux de caves de Gilamont et un important incendie à Cully. Du côté de la Télévision romande, le bilan est maigre. Ils ont bien participé au reportage vu sur les petits écrans à propos de Gilamont, mais leur nom n'a pas figuré au générique: en fait, ils assistaient Jacques-André Schneider, un vrai professionnel, lui, cameraman à la TSR, qui n'est autre que le père de Romain. Les deux amis se sont rendus avec leur propre matériel à Cully, mais la Télévision romande n'a pas voulu de leurs prises de vues.
Pas des vidéo-vautoursPour les deux vidéastes, l'explication est claire: la TV romande ne s'intéresserait qu'à des images exclusives, en d'autres termes, le « scoop», qui ne se présente que rarement. A vrai dire, ils n'en font pas une montagne. Ils ne tiennent pas à ressembler à ces vidéastes américains qui se précipitent sur chaque catastrophe, au point qu'on les surnomme les vidéovautours. «Ça reste un hobby. Notre objectif serait uniquement de pouvoir utiliser le produit de nos ventes pour renouveler notre matériel», affirme Romain Schneider. En fin de compte, leur créneau principal est plutôt de couvrir des manifestations régionales, telles que les revues des pompiers ou la brocante de Vevey. Ils réalisent des cassettes souvenir qu'ils· revendent aux organisateurs.
Télévision localeLorsqu'ils ont appris qu'une chaîne de TV locale, ICI Télévision, allait naître dans la région, les deux amis ont bondi sur l'occasion. Ces images d'événements régionaux qu'ils tournent régulièrement pourraient servir dans le futur, par exemple pour permettre à ICI d'illustrer les avant-premières à l'aide de ces archives. Rafaël Poncioni et Romain Schneider n'ont pas hésité à contacter un des partenaires principaux du projet ICI, Costa Haralambis, cinéaste veveysan, dont la société Cinéprofil S.A. devrait assurer la production technique. Apparemment, Rafaël et Romain ne sont pas les seuls intéressés, la vidéo est devenue un vrai phénomène social: «Beaucoup de gens sont venus me trouver», déclare Costa Haralambis.
ExigencesAvoir filmé les premiers pas de bébé, ou même un incendie, ne signifie pas que l' on est devenu un spécialiste du reportage télévisé. Une télévision locale a des exigences professionnelles: «Il est vrai que nous allons collaborer avec des bénévoles pour des sujets épisodiques. Mais le rendu de ces sujets doit être contrôlé par des professionnels. Cela concerne le montage, le commentaire, etc., pour lesquels les amateurs n'ont pas de connaissances», précise Costa Haralambis. La passion est un bon premier pas, mais il faut encore une bonne dose de patience.
Philippe MASPOLI Romain Schneider, à la prise de son, et Rafaël Poncioni à la caméra, filment des manifestations locales et des faits divers, puis tentent de vendre leurs images. Maspoli Avec du matériel de haut de gamme, les deux compères de «R oo R>> œuvrent presque comme des pros.Article original publié avec l’aimable autorisation des ayants droits.
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