Comment Schawinski va secouer la TV suisse
RUÉE SUR L'INFORMATION LOCALE
De Genève à Saint-Gall, en passant par Lausanne et Vevey, les projets de chaînes locales se multiplient. Le 3 octobre, le patron de Radio 24 lancera le plus ambitieux et novateur de tous: TeleZüri. Après avoir bouleversé la radio suisse, Roger Schawinski va-t-il ébranler le petit écran? Bruno GiussaniCe matin, Nik Niethammer a pris son sac et traversé Zurich en tram pour aller interviewer le directeur d’un centre social. «Nous avons discuté un moment de tout et de rien. Il était cordial mais un peu hésitant, comme s'il attendait quelque chose, raconte le jeune journaliste. Puis il m’a demandé si le cameraman et le preneur de son allaient bientôt arriver. Il a été très surpris quand j’ai sorti ma caméra du sac à dos lui expliquant que je faisais tout tout seul.»
Nik Niethammer est un «VJ», un vidéo-journaliste. Une nouvelle race dont les dix-huit premiers exemplaires travaillent à Zurich, dans la confusion frénétique et hilare d’un studio télé aménagé dans les locaux industriels où l’on produisait naguère les détergents Steinfels. Un peu en schwyzertütsch, un peu en anglais — les instructeurs viennent de New York, les dix commandements accrochés aux murs sonnent «Don’t fuck it up!» Ne bousillez pas le matériel ! — ils préparent le lancement de TeleZüri, la plus ambitieuse, voire prétentieuse, des trente chaînes locales qui, de Genève à Saint-Gall, devraient apparaître sur les petits écrans suisses dans les prochains douze mois. TeleZüri débutera sur le câble de l’agglomération zurichoise le 3 octobre à 19 heures. Budget: huit millions de francs. Pub déjà réservée: trois millions. Patron: Roger Schawinski.
Zurich a beaucoup changé depuis quinze ans, depuis ce 13 novembre 1979 quand Radio 24 lança ses programmes. Ce n’était qu’un faible signal envoyé vers Zurich depuis un émetteur installé 200 kilomètres plus au sud, sur le Pizzo Groppera, en Italie. Un signal faible, mais une bombe politique et sociale que Roger Schawinski lâcha sur une ville (et un pays) qui vivait ses derniers mois de calme et de sérénité médiatiques. Sur pression de Berne, entre 1979 et 1983 l’émetteur qui dérangeait fut séquestré à quatre reprises par les carabiniers italiens. On put voir Schawinski grimper dans la neige pour le remettre sur pied. Son équipe fonctionnait un peu comme une cellule clandestine, confectionnant des news zurichoises et des programmes rock dans une maison familiale sur les rives du lac de Côme tandis qu’à Zurich une voiture sur trois arborait un tissu blanc au bout de l’antenne, en signe d’affiliation. Début 1980 Schawinski prit la parole sur la Bürkliplatz devant 5000 jeunes qui l’ovationnèrent pendant de longues minutes: «Roschee-Roschee-Roschee.» Début de la légende.
Aujourd’hui Radio 24 est une institution zurichoise. Les politiciens de tout bord viennent s’y faire décortiquer en direct par «Roschee». «A l’époque je risquais tout, raconte le patron, j’étais endetté jusqu’au cou et haï par les autorités.» Depuis, l’homme est devenu millionnaire (mais refuse de parler de l’argent que lui rapportent ses multiples sociétés), il a pris ses quartiers à Stadelhofen dans ce qui fut le dernier logement de Max Frisch («j’ai encore quelques-unes de ses plantes, je les arrose avec amour»), et a choisi de courir un risque limité avec TeleZüri: puisqu’il ne faut pas répéter les mêmes choses dans la vie», il s’est associé au géant Ringier et. dans un deuxième temps, au «Tagi». Mais c’est lui, avec son mépris aigu pour les monopoles et son instinct médiatique peu commun, qui mène le bal. Radio 24 a bouleversé le paysage radiophonique suisse, ouvrant la voie aux concessions locales et obligeant l’éléphant SSR à se lever et à pédaler. Quid de TeleZüri?
«Nous ne voulons pas concurrencer la DRS, assure Roger Schawinski. La meilleure chose d’une radio locale est d’être locale, et cette règle vaut également pour la télé. Si nous perdons notre différence, nous sommes finis.» Tous les autres projets sont «morts avant de naître parce qu’ils avaient une prétention nationale, ils voulaient rivaliser avec la SSR. Mais la SSR a tout en plus: la redevance, quarante ans d’expérience, les émetteurs, les habitudes du public.» TeleZüri se voit toutefois comme le fer de lance du nécessaire rééquilibrage du paysage télévisuel suisse: 67% des Suisses alémaniques regardent des programmes étrangers. Roger Schawinski est en pleine polémique avec l’Office fédéral des communications (OFCOM) qui veut limiter sa zone de diffusion. Mais il a aussi une vision historique: «Avec Ziirivision et le projet Trappe qui proposait d’émettre par satellite, au début des années 80, nous avons eu une opportunité et nous l’avons loupée. En même temps, RTL commençait son activité au Luxembourg. Aujourd’hui, RTL domine la télévision européenne, et nous sommes encore ici à nous disputer pour savoir si l’on peut distribuer ou non TeleZüri à Zoug. Oui, ajoute-t-il, je crois que nous sommes la dernière chance d’avoir un paysage télé varié en Suisse.»
Station locale, TeleZüri proposera à une agglomération de 1,2 million de personnes un journal et un débat. Une heure en tout par jour. Apparemment pas de quoi ébranler la sérénité de Peter Schellenberg, directeur de la DRS. «Leur exemple est New York One. Mais à New York, ily a un grand accident toutes les heures et un hold-up toutes les nonante minutes. Il y a de la matière. Où sont ces événements chez nous?» interroge-t-il. Roger Schawinski réplique par une de ses pirouettes: «Il n’y a pas de jours creux, il n’y a que des journalistes sans idées.» Animateur d’«Arena», une des émissions vedettes de la DRS, Filippo Leutenegger reconnaît qu ’«à court terme ils vont nous faire mal». Surtout pour une question de méthode. Il y a d’abord les VJ’s, les vidéo-journalistes comme Nik Niethammer. Leur façon de travailler ne correspond en rien à celle de leurs collègues de la grande sœur publique. Ceux-ci se baladent à trois ou quatre (cameraman, preneur de son, journaliste, voire producteur) alors que les VJ’s bougent seuls. Ils ont besoin d’une voiture pleine de caméras, lumières, enregistreurs et câbles quand l’équipement d’un VJ (trépied et micro compris) tient dans un sac à dos de cinq kilos et demi. «Notre force, c’est que nous sommes complètement autosuffisants, nous pouvons être dans la rue en quelques minutes», dit Nik Niethammer, qui utilise sa petite caméra «comme un bloc-notes: je prends tout en vidéo». Et votre faiblesse? «Qu il faut penser à tout, intervient Jacqueline Zünd, une autre VJ, à l’image, au son et à la prochaine question à poser.»
Le prix et la qualitéPas besoin d’un logiciel de comptabilité pour comprendre que l'impact sur les coûts est spectaculaire: une personne au lieu de quatre, des caméras quinze fois moins chères, une infrastructure technique minimaliste jusqu’au paroxysme, les VJ’s faisant leur propre montage et livrant le reportage fini. La qualité? Mis à part quelques problèmes de son, on ne remarque pratiquement pas de différence.«Dans dix ans la plupart des stations travailleront comme TeleZüri», promet Michael Rosenblum, le consultant américain de Schawinski (lire l’encadré). Aujourd’hui, une chaîne classique «compte 200 personnes et cinq caméras. Chez nous, 18 des 30 employés portent une caméra et ramènent de l’info.»
Costa Haralambis ne connaît pas Rosenblum, mais ils s’entendraient à merveille. Pour le promoteur d’ICI-Télévision, qui devrait débuter au printemps prochain et couvrir la région entre Vevey et Aigle, «l’avenir du journalisme télé passera par une diminution de la charge technique; les news, ce n’est pas du septième art, c’est le contenu qui compte». Il raconte avoir vu tout récemment une équipe de la TSR débarquer au beau milieu d’un séminaire à Genève, «cinq personnes pour prendre des images d’orateurs: c’est le comble de l’inefficacité! Schawinski a raison. Non seulement pour une question de coûts, mais aussiparrespect du sujet. Les équipes de reportage sont envahissantes. A Genève, le preneur de son est même allé déplacer le micro tandis qu’un orateur parlait...»
ICI-Télévision n’est qu’un des projets de stations locales romandes. Téléversoix et la Télévision de la région lausannoise (TVRL) viennent de commencer leurs émissions. Les deux plus anciennes stations, Canal 9 et Canal Alpha+, vont élargir leur rayon d’action. A Genève, TV Léman fourbit ses armes pour mi-95. A Bienne, à Morges, à Tramelan, on rédige les concepts et les budgets (voir graphique). Même phénomène en Suisse alémanique où l’on dénombre deux douzaines de projets. Il ne s’agit pas toujours de chaînes commerciales, mais parfois de «télévisions dont la télé n’est pas le souci prioritaire, explique Franco Cibrario, de Canal 9 à Sierre, le pionnier romand du genre, mais un moyen d’animation régionale». Il y a peut-être là «une chance pour faire un véritable service public, pour faire prendre conscience à une population qui, dans son imaginaire, est encore convaincue défaire partie d’une société agricole, de son potentiel créatif et économique», dit Yves Yersin, le cinéaste des «Petites fugues», qui réfléchit à un projet «sociologique» dans la région morgienne.
Qu’elles visent la pub ou la communauté, qu’elles soient grandes (journal quotidien et magazines) ou minuscules (une heure par mois réalisée par des amateurs), toutes ces nouvelles télés n’ont qu’un mot d’ordre, «descendre dans la rue» (Daniel Brélaz, président de TVRL), «mettre en communication les gens» (Benjamin Stebler, du projet jurassien Trait d’union), «faire une station de proximité» (Frédéric Thélin, complice de Yersin), «sortir un max du studio» (Jean-Marc Richard, animateur sur TVRL), bref: faire vivre en symbiose la télévision et son public, sur les boulevards et les chemins vicinaux.
Pourquoi cette ruée vers l’info locale? Pourquoi maintenant? «Il y a une raison juridique, dit Franco Cibrario, jusqu’en 1992 la loi n’autorisait pas les télévisions locales à faire de la pub.» Il y a ensuite un motif technique: «le matériel est devenu beaucoup plus fiable, plus compact et moins cher», remarque Roger Schawinski. Il y a surtout une raison culturelle: dans un monde où l’économie, la technologie, l’écologie, les problèmes sociaux échappent de plus en plus au cadre national et local, les gens, dit Hermann Pellegrini, éditeur du «Nouvelliste», «veulent du local, du local, du local et encore du local», dirigent leur attention vers un environnement maîtrisable et rassurant parce que limité.
Contrairement à son collègue alémanique Peter Schellenberg, Guillaume Chenevière n’est pas insensible à ce discours. Le directeur de la Télévision romande aime raconter sa visite à la station locale «City TV» de Toronto. Le patron de celle-ci, Moses Zneimer, lui a montré les taux d’écoute: «Il faisait les meilleurs scores des 48 chaînes distribuées sur le câble.» Puis, Zneimer lui a expliqué ce que les téléspectateurs veulent: un programme «totalement local et le plus possible interactif». C’était pendant la révolte des étudiants chinois et les événements de
Tien An Men, «je lui ai demandé s’il pouvait se permettre de l’ignorer, se rappelle Chenevière, il m’a répondu qu’il suffisait à son public de savoir que cela existe».
La TSR est toutefois une télévision publique, soumise à une concession. «Et nous allons la respecter méticuleusement. Mais il y a trente chaînes thématiques en préparation en français, nous ne pouvons réagir qu’en renforçant notre ancrage régional.» Le projet s’appelle «décrochages locaux». Dans les intentions — en commençant par le Valais et Genève — les téléspectateurs de la TSR pourront avoir le choix, dès mars 1995, entre deux versions différentes du «Journal romand»: l’une sur le canal de la TSR, identique pour tout le monde; l’autre sur le canal de Suisse 4 (héritière de SPlus), composée d’une première partie générale et d’un deuxième volet «dédié»: valaisan pour les Valaisans, jurassien pour les Jurassiens. «Nous ne le faisons pas dans le même esprit mercantile que Moses Zneimer, assure Chenevière. Mais si nous voulons continuer à offrir le programme luxueux et complet que nous offrons, nous devons stabiliser notre audience.» Traduction pour les non-initiés: la TSR a actuellement une part de marché d’environ un tiers. C’est un seuil crucial au-dessous duquel se poserait la question de la justification de la redevance. Que les décrochages locaux ne s’autofinancent pas est donc secondaire: l’essentiel, c’est que «le local est la première pierre sur laquelle construire la fidélité à la chaîne» et assurer la survie du mode de financement.
Le projet de la TSR est toutefois loin d’être chose faite. «Ils ne peuvent pas commencer sans notre autorisation, se limite à dire Pierre Smolik, de l’OFCOM, et pour le moment les problèmes juridiques restent importants.» Il s’agit de savoir si la loi et la concession permettent à la SSR d’être un diffuseur local. Apparemment pas. Mais il y a aussi une raison plus «politique» qui pourrait pousser l’OFCÔM à refuser le feu vert à la TSR: pour ne pas créer un précédent qui, en Suisse alémanique, risquerait de susciter un soulèvement des grands éditeurs.
Reste une question: y a-t-il un terreau économique suffisant pour nourrir tous ces projets? Le credo général, résumé par Roger Schawinski, est que «la pub que la presse écrite a perdue pendant ces dernières années ne va pas lui revenir, malgré la reprise économique qui se dessine: elle va migrer vers la télé». En Suisse, seulement 7% du gâteau publicitaire est télévisuel. Pour la SSR, cela représente 220 millions. En France et en Allemagne ce pourcentage est cinq fois plus élevé, en Italie sept fois. TeleZiiri a vendu en quelques semaines trois millions de francs de spots. La demande existe donc. A condition d’attirer une audience suffisante.
Schawinski et les autres, à commencer par TV Léman et ICI-Télévision, ont adapté à la sauce locale le principe de CNN: «Actuellement les programmes télé sont comme une guillotine, si vous loupez les cinq premières minutes du TJ, vous êtes perdu, explique le Zurichois. Nous allons transmettre en boucle, rediffuser en continu le journal pendant toute la soirée avec des mises à jour en cas de nouvelle importante.» «Le téléspectateur peut ainsi accéder à notre programme selon sa disponibilité, pendant le dîner ou après le ciné», ajoute Michel Vieux, de TV Léman. Surtout, cela permet de cumuler l’audience. Des expériences belges ont montré que la programmation en boucle permet d’atteindre des taux de rêve, de l’ordre de 75-80% de téléspectateurs qui, à un moment ou à un autre de la soirée, ont regardé l’émission.
Br. GQuestion de caméras
Des journaux américains l’ont étiqueté «vidéo-gourou», mais Michael Rosenblum n’a pas trop apprécié. Il se dit simplement «réaliste». C’est cet ancien reporter de CBS queRoger Schawinski a choisi pour former ses dix-huit jeunes corsaires de Finfo locale, les vidéo-journalistes. «Je ne crois pas en les techniciens, dit Rosenblum. Pour donner des news, ils produisent des films. La télé de 1994 est faite comme on faisait du cinéma à Hollywood en 1954: techniciens, script, directeurs, assistants, Le journaliste ne voit les images tournées par le cameraman qu’une fois de retour au studio, au moment du montage: c’est ridicule! Dans dix ans, la plupart des stations travailleront comme TeleZiiri, où le journaliste fait tout tout seul, grâce à cette petite caméra qui est un peu l'équivalent contemporain de la presse de Gutenberg. Elle va désacraliser la télé, la mettre à la portée de tout un chacun.»
Le New-Yorkais Rosenblum conseille aussi des télés locales naissantes à Londres et à Tokyo. Il y a quelques mois, il a fait un séjour à Jéricho comme consultant de la nouvelle télé palestinienne. «Ils avaient un petit budget. Je leur ai conseillé d'acheter quinze petits caméscopes et d'envoyer leurs gens dans les rues. Ils ont fini par acheter une seule grosse Betacam, pour couvrir Gaza ET Jéricho. Ils m’ont expliqué qu’ils ne pouvaient pas se permettre de se balader avec des petites caméras pour ne pas paraître ridicules vis-à-vis des Israéliens... Le problème principal est psychologique, non technique.»
A Zurich, la question se pose un peu dans les mêmes termes, «les gens se méfient quand ils nous voient arriver avec des caméras semblables à celles qu’ils ont à la maison pour filmer les gosses», dit Reto Brennwald, un des vidéo-journalistes de TeleZiiri. «Nous allons impressionner par la petitesse de nos caméras et la qualité de nos reportages!» tranche Roger Schawinski.
Br. G.FICHES TECHNIQUES (extraits)
TeleZüri
Promoteurs: Roger Schawinski (Radio 24), Ringier Zone de diffusion: agglomération urbaine de Zurich (sauf Rapperswil et Affoltem) Audience potentielle: 1,2 millionde personnes Budget: 8 millions Employés: 30 personnes, dont 18 journalistes Profil: télévision commerciale urbaine. Du lundi au vendredi, information locale et un débat ou une interview sur un sujet d’actualité («Talk Tàglich») animés par Roger Schawinski et Daniela Lager, plus pub et météo: une heureen tout, retransmise en boucle pendant toute la soirée, avec des actualisations. Le week-end, sport local et débat avec la participation des téléspectateurs. «Nos méthodes de production se rapprochent plus de la radio locale que de la télévision traditionnelle», assure Schawinski. Polémique ouverte avec l’Office fédéral des communications pour élargir la zone de diffusion jusqu’à Zoug, voire Lucerne.
Début des émissions: 3 octobre 1994ICI-TELEVISION, VEVEY
Promoteurs: Costa Haralambis (CinéProfil), Jean- Paul Corbaz (éditeur du quotidien «La Presse»), autres. Zone de diffusion: VeveyMontreux-Aigle. Audience potentielle: 65 000 personnes. Budget: 900 000 francs. Employés: quatre personnes (dont un journaliste) plus des bénévoles et une collaboration avec International Academy of Broadcasting. Profil: télévision commerciale locale. Deux fois par semaine, une demi-heure d’informations et de pub retransmises en boucle pendant toute la soirée. Pas de présentateur du journal télévisé, mais un plateau avec plusieurs intervenants. Développements envisagés vers le le Chablais, Lavaux et la Gruyère, et dans l’interactivité. Début des émissions: printemps 1995 Costa Haralambis: "La télé est un spectacle" Roger Schawinski, la légende de la radio, se lance, caméra au poing, dans la guerre de l'image. Bien décidé à faire mal à plus d'un. Rosenblum-Schawinski: un couple cathodique hors du commun.Article original publié avec l’aimable autorisation des ayants droits.
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