Au commencement était le rythme...
Papa Oyeah Makenzie à Vevey
Première hier soir, à Vevey, des sept projections du film de Costa Haralambis «Odo-Toum, d’Autres Rythmes» et de la «Jacinthe d’Eau», de J.-F. Amiguet, devant un public nombreux et très jeune, attiré également par le concert que Papa Oyeah Makenzie donna en deuxième partie.
Comme surgi de l’écran, Papa Oyeah, le Ghanéen redevient tout puissant dans son monde sonnant et percutant d’instruments traditionnels et insolites. Il recrée le ciel, la vie, les sons, étranges de la conque ou de la corne, aigrelets des flûtes multiples, ou fluides du xylophone de bois. Le rythme, dont il parle tant dans le film d’Haralambis, ce rythme éveilleur de pouvoirs inconnus, porteur de messages, naît de percussions mates, ou métalliques, cristallines ou profondes, mêlées au discours harmonieux mais indéchiffrable du musicien. Mais n’esl-il pas sorcier, Papa, qui dose si subtilement le rythme délirant, délivrant et la nostalgie de mélodies linéaires et apaisantes ?
Musique « spirituelle » qui invite dans la stridente spirale d’une flûte ou la mélopée d’un long bambou appelé «silence», évocatrice de vastes espaces, à dépouiller l’esprit et laisser surgir la houle profonde de l’instinct sollicitée par une batterie au rythme cardiaque.
Ose-t-on parler de virtuosité au sens occidental ? Plutôt une stupéfiante souplesse, et une habileté intuitive à créer «d’autres rythmes» pleins de vie et d’intensité.
Dès ce soir, les deux films seront projetés à 20 h. 30 et cela jusqu’au 28 mai. Des débats sur le problème de l’énergie suivront les projections des 25 et 28 mai, avec la participation des auteurs de la «Jacinthe d’Eau» et de M. Pierre Lehmann.
M. SArticle original publié avec l’aimable autorisation des ayants droits.
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