Le festival des TV locales dépose le bilan

Le festival des TV locales dépose le bilan

24 Heures, Lausanne

VEVEY - Malgré le soutien annoncé des autorités, le Marché international des télévisions et radios indépendantes est condamné. Un coup dur pour le label Ville d'images.

CÉLINE GOUMAZ

Le label Ville d’images a du plomb dans l’aile. Une manifestation liée à cette étiquette va sans doute s’effacer. Les organisateurs du MITIL (Marché international des télévisions et radios indépendantes) ont décidé de déposer le bilan. Le soutien annoncé de la commune (24 heures d’hier) ne suffira pas à assurer la pérennité de cet événement.

L'exemple de Montreux

Président du MITIL, Costa Haralambis regrette que ceux qui ont lancé la marque Ville d’images comptent uniquement sur les initiatives privées. «A Montreux, des manifestations professionnelles comme la Rose d’Or sont nées il y a 30 ans d’une réelle volonté politique. Vevey s’est donné un slogan ronflant et il n’y a personne pour le suivre», déplore Costa Haralambis. A propos de la Rose d’Or, le président du MITIL relève: «Nous sommes complémentaires à ce rendez-vous montreusien qui attire à peine deux fois plus de participants et qui est soutenu à raison de plus de 1 million de francs par la TSR et de 300'000 francs par la commune de Montreux.» Pour faire vivre une manifestation d’importance internationale comme le MITIL, des moyens importants sont nécessaires.

D’après le président du salon, même si Vevey fait un gigantesque effort financier, cela ne suffira pas. «Il faut que d’autres sponsors publics ou privés se lancent. Avant de décider de déposer le bilan nous avons fait des recherches, hélas, sans succès.»

Vers une renaissance?

Les comptes du MITIL présentent un découvert de 330'000 francs. «En l’état, une troisième édition n’était pas viable. Pour réussir, nous aurions dû passer de 200 participants en 2001 à 400 cette année. Or, la fréquentation a stagné.» Costa Haralambis n’exclut toutefois pas qu’un jour le MITIL renaisse de ses cendres: «Le cadre est posé. Le carnet d’adresses est bien fourni. Seuls manquent les moyens. Nous sommes en stand-by.»

Projections sur Images'04

Si le label Vevey Ville d'images est écorné par la disparition du MITIL cette étiquette peut encore croire en l'avenir du côté du festival Images' dont l'édition 02 s'est terminée le 6 octobre dernier. Un mois après la fin du festival, les organisateurs dressent un bilan satisfaisant des trois week-ends d'automne. «La fréquentation a été bonne et les gens ont été contents. Toutefois, les spectateurs ont dû faire preuve de curiosité, ce qui n'a pas toujours été évident», relève Yves Moser, président du comité d'organisation.

Pour la prochaine édition du festival, en 2004, le cinéma, la photographie et le multimédia seront regroupés. Le grand prix du cinéma et le grand prix de la photo seront lancés en 2003 et les lauréats verront leur œuvre présentée lors de la manifestation. Jean-Marc Yersin, responsable du volet photo, estime que le label Ville d'images est bien vivant «Il est fondé sur une tradition, la présence des institutions comme les musées et l'Ecole d’art ainsi que les nombreux artistes installés à Vevey le constituent. Il ne faut pas voir dans des difficultés isolées un échec général. Malgré les conditions économiques, nous devons aller de l'avant sans douter car le processus est intéressant.»

C. Go.

Article original publié avec l’aimable autorisation des ayants droits.
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