La Riviera cherche sa place

La Riviera cherche sa place

24 Heures, Lausanne

Télévision locale pas morte dans le canton

Avec le 700e anniversaire de la Confédération, la Riviera vaudoise fêtera peut-être la naissance de «sa» télévision locale. Un tel projet est en gestation depuis quelques mois et ses auteurs espèrent bien diffuser sur le réseau de la Société interrégionale de télétransmis­sions (SITEL) une première émission en 1991. Ce serait alors une réalisation unique dans le canton. En effet, aucun organisme ne dis­pose aujourd'hui d'une concession, même de courte durée, pour une télévision locale.

La TV locale suscita quelques vo­cations bien vite éteintes à Renens, lorsqu'une concession fut accordée il y a plus de dix ans. Depuis, plus rien, si ce n'est quelques autorisa­tions de courte durée. Ce fut le cas à Orbe, à Moudon ou à Montreux pour des événements ponctuels. «Aujour­d'hui aucune de ces concessions ne subsiste», relève Frédéric Rielle, porte-parole du DFCE.

Malgré tout, un dossier circule en­tre les municipalités du district de Vevey, le délégué à la promotion économique de la Riviera et la so­ciété du cinéaste Constantin Haralambis. Celle-ci produirait, chaque année, entre cinq et six magazines préenregistrés de deux heures cha­cun.

Pour donner toutes ses chances à ce projet, ses auteurs souhaitent ob­tenir l'aide des communes, notam­ment de celles qui sont reliées au té­léréseau de la SITEL. De l'intérêt de celles-ci et de la volonté des entre­prises contactées, via les sociétés in­dustrielles et commerciales, dépen­dra la suite.

Il faudra aussi séduire les autori­tés fédérales habilitées à octroyer la concession. Seule une autorisation provisoire sera sollicitée dans un premier temps. Ce sera le plus dur. En effet, le Conseil fédéral vient d'annoncer qu'il sera désormais — en attendant que la nouvelle loi sur la radio et la TV soit sous toit, début 1992 en principe - extrêmement restrictif en la matière. «Il veut évi­ter toutes les demandes qui, sous prétexte d'essais, visent simplement à occuper le terrain», indique F. Rielle.

Parcours encore long

Les démarches pour l'obtention de ces documents devraient être en­treprises prochainement par l'office pour la promotion économique de la Riviera (Promove). Le parcours est encore long avant que tous les obs­tacles ne soient franchis, d'où la prudence de C. Haralambis en évo­quant ce projet.

Il ressort de ses explications qu'il n'y aura pas d'émetteur à cons­truire, puisque seuls les postes re­liés au câble de la SITEL seront sus­ceptibles de recevoir les séquences produites par Cinéprofil, la société veveysanne. Cela représente 20 000 abonnés entre le Chablais et la Ri­viera. Dans un premier temps, les émissions ne seraient diffusées que sur la Riviera. Leur contenu sera centré sur cette région. Les princi­paux thèmes retenus traiteront de la culture, du sport, de la vie sociale, du tourisme et de la vie économi­que. Ainsi les festivals de musique, de jazz ou du film de comédie pour­raient faire l'objet de magazines d'une durée de deux heures. Pas de studio pour des tournages en direct. Tout sera préenregistré avant d'être «injecté» sur le réseau de la SITEL. L'intention des producteurs est de concevoir et de diffuser entre cinq et six émissions par an.

Bertrand Dubois

Article original publié avec l’aimable autorisation des ayants droits.
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